L'anesthésie loco-régionale est une technique d’anesthésie qui permet de réaliser des chirurgies sans impact sur la conscience des patients. Les risques liés à l’anesthésie générale tels que l’intubation ou la consommation d’agents anesthésiques sont ainsi limités. Cela a nettement contribué au développement de la chirurgie ambulatoire et de la Récupération Améliorée Après Chirurgie (RAAC).
Malgré l’efficacité de cette technique, une sédation est souvent utilisée afin de limiter le stress pendant l’intervention. Les patients sont endormis à l’aide de médicaments sans nécessité d’intubation. C’est notamment le cas dans la chirurgie prothétique du genou.
L’intérêt de la réalité virtuelle et de la distraction est d’éviter le recours à cette sédation. Notre objectif est de ne pas faire vivre la chirurgie comme un « black-out » complet, mais comme une expérience d’évasion à travers des exercices de respiration. Le patient reste ainsi éveillé et aura un meilleur vécu de la chirurgie. La récupération sera théoriquement plus rapide.
Comment fonctionne la distraction ?
Un casque de réalité virtuelle ainsi qu’un casque réducteur de bruit sont placés sur le patient le temps de la chirurgie, afin d’avoir une immersion complète. Il choisit avec l’équipe d’anesthésie le ou les univers dans lesquels il voudra voyager pendant l’intervention. La distraction visuelle s’accompagne d’une distraction sonore : un fond musical plus ou moins associé à un accompagnement vocal féminin ou masculin pour amener le patient à un état de bien être le temps de la chirurgie.
Le patient peut-il communiquer avec l’équipe d’anesthésie ?
Bien sûr ! A aucun moment il n’y a de rupture de contact entre le patient et l’équipe soignant. Le patient entendra toujours ce qui se passe dans la salle d’opération. Il peut s’endormir progressivement grâce à son immersion mais il peut à tout moment suspendre la distraction, retirer le casque ou communiquer avec l’infirmier anesthésiste qui restera à ses côtés pendant toute l’intervention.
Pour quelles chirurgies proposez-vous ce dispositif ?
Nous sommes encore à Marseille au début de la mise en place de ce dispositif et le réservons pour l’instant à la chirurgie prothétique du genou pour les patients sous anesthésie loco-régionale. En effet, dans le parcours du patient souffrant d’arthrose depuis plusieurs années, la chirurgie concentre beaucoup d’attentes et peut être la source d’une anxiété légitime. Il nous a semblé cohérent de proposer à ces patients de les accompagner en priorité dans le vécu de leur chirurgie.
Pensez-vous que ce dispositif pourra être utilisé dans toutes les chirurgies ?
Oui, l’idée est de le développer sur Marseille pour le rendre accessible à l’ensemble des patients opérés sous anesthésie loco-régionale, et même d’étendre son utilisation au pré opératoire afin de mettre les patients dans les meilleures dispositions avant même leur entrée dans le bloc opératoire. Nous espérons ainsi pouvoir limiter l’anxiété du patient vis-à-vis du geste chirurgical et améliorer leurs satisfactions.
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